La décision de quitter une entreprise pour un manager qui exerce un certain niveau de responsabilité, se fait rarement sur un coup de tête, et même si cela peut en avoir l’apparence, cela relève en général du syndrome de la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Il s’agit donc dans la majorité des cas de l’aboutissement d’un processus où le bilan « satisfaction personnelle – rétribution » a été plusieurs fois réalisé par le partant.
L’aspect financier peut certes représenter un motif décisif dans la motivation, mais nous savons bien que ce n’est qu’un des aspects. Les éléments irrationnels et les sentiments comptent souvent autant. Au-delà du motif financier, les facteurs décisifs d’une démission sont ainsi souvent : la qualité de la relation avec le chef, l’ambiance globale de travail, la capacité à pouvoir s’exprimer et à valoriser ses talents, la perspective d’avenir, le sentiment de faire partie ou non du premier cercle. Mais de l’ensemble de ces facteurs, celui qui compte indéniablement le plus, c’est la qualité de la relation avec le responsable hiérarchique. En effet, quelque soit son niveau dans une organisation, chacun a besoin d’être reconnu, aimé et soutenu. On touche là à quelque chose d’intime et de peu révélé : peu de gens se plaignent de ne pas être assez aimé de leur chef ! Et pourtant nous sommes là au cœur du fonctionnement humain et de ce qui fonde les décisions que nous avons l’art d’habiller de rationnel. Le sentiment humain est ce qui conditionne le rapport entre les hommes. Il est souvent déterminant pour la productivité d’un collaborateur au quotidien comme dans les décisions de rupture. Une démission est souvent la conséquence de plusieurs déceptions accumulées. Certes, tous ceux qui ne s’estiment pas reconnus par leur chef ne démissionnent pas ! Mais combien d’entre eux se cantonnent dans une adhésion de surface là où leur engagement total serait autrement plus productif.